Alexis Corbière

Thème : Tribunes

Actions, réactions

Actions, réactions

Le printemps est là et la température monte. Il en est de même sur le plan social. Bonne nouvelle. La question sociale et civique est de retour ! Ceux qui croyaient que ce pays n’attend qu’une réponse politique à ses problèmes encore plus injuste socialement et encore plus sécuritaire se trompent. Le rejet massif de la loi El Khomri (quels que soient les toilettages cosmétiques sur quelques articles) démontre nettement que notre peuple dans ses profondeurs ne veut pas de plus de précarité, de facilité pour licencier, de baisse des salaires, etc.

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Puisque la Société Générale ment et volontairement, solidarité avec Koubbi, Kerviel et Mélenchon

Puisque la Société Générale ment et volontairement, solidarité avec Koubbi, Kerviel et Mélenchon

Jeudi 7 avril, interrogé au micro de la matinale de France Info suite aux révélations des différents articles sur l’énorme scandale du Panama PapersJean-Luc Mélenchon a déclaré et réclamé à propos de la Banque Société Générale et en particulier de son PDG M. Frédéric Oudéa « sa mise sous tutelle ou sa nationalisation selon la loi pour faire le ménage dedans (…) Cette fois-ci, il nous faut un châtiment. La Société générale doit-être mise sous tutelle, ses dirigeants sont des menteurs (…) ils doivent être châtiés ». Il a ajouté : » »La Société générale est une industrie de la triche, de la fraude et de la combine ».

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Les Visiteurs 3 : essentiellement pour ceux qui ont la terreur de la Révolution

Les Visiteurs 3 : essentiellement pour ceux qui ont la terreur de la Révolution

Avertissement : la priorité politique et sociale est bien entendu la préparation des manifestations des 5 et 9 avril pour le retrait de la loi El Khomri. Ce billet rédigé il y a quelques jours, s’inscrit lui dans une bataille culturelle, mais qui, selon moi, n’a rien de contradictoire avec la lutte sociale.

Avouons-le d’emblée, l’auteur de ces lignes tient le premier film de la saga des Visiteurs (paru en 1993) comme un grand moment de bonheur et de rire salutaire dont il faut encore être collectivement reconnaissant à ces concepteurs.

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Tous à la « Nuit Debout » Place de la République à Paris

« Nous étions endormis, nous nous réveillons ! »


« Rien n’arrête une idée dont l’heure est venue… »  Victor Hugo

A tous les amis parisiens, il est important ce week-end d’aller Place de la République rejoindre les milliers de personnes qui occupent les lieux depuis jeudi soir.  C’est la « Nuit debout » qui s’est mise en œuvre au soir de la grande manifestation pour le retrait de la loi El Khomri. Là, Place de la République des milliers de jeunes, mais pas seulement, se regroupent, débattent en Assemblée générale (et aussi en petits groupes), s’organisent et souhaitent un autre futur que celui que leur propose ce gouvernement et les précédents. Jeudi soir, cela a commencé par des projections de films, des concerts, etc…

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Tous à la « Nuit Debout » Place de la République à Paris

Tous à la « Nuit Debout » Place de la République à Paris

« Nous étions endormis, nous nous réveillons ! »


« Rien n’arrête une idée dont l’heure est venue… »  Victor Hugo

A tous les amis parisiens, il est important ce week-end d’aller Place de la République rejoindre les milliers de personnes qui occupent les lieux depuis jeudi soir.  C’est la « Nuit debout » qui s’est mise en œuvre au soir de la grande manifestation pour le retrait de la loi El Khomri. Là, Place de la République des milliers de jeunes, mais pas seulement, se regroupent, débattent en Assemblée générale (et aussi en petits groupes), s’organisent et souhaitent un autre futur que celui que leur propose ce gouvernement et les précédents. Jeudi soir, cela a commencé par des projections de films, des concerts, etc…

C’est dans cette ambiance festive et fraternelle que les gens se retrouvent. Quel bonheur de voir notre jeunesse dire haut et fort, et de façon si intelligente et communicative, qu’un autre futur est possible et que cela commence par le refus individuel de la résignation. Après le succès de la grande journée du 31 mars (1,2 millions de personnes ont manifesté dans toute la France), que certains indélicats ont souvent estompé en mettant lourdement l’accent sur les violences qui s’étaient déroulées ici ou là, ce mouvement de « Nuit debout » maintient et développe une mobilisation citoyenne jusqu’au 5 et 9 avril qui sont les prochaines dates de mobilisation appelées notamment par les organisations syndicales. En attendant, convergeons tous vers la Place de la République. Dans d’autres villes de France, le modèle de la « Nuit debout » est peut-être à copier.


C’est important d’être nombreux, tranquilles et sûrs de notre force collective, d’autant plus que de façon incompréhensible et scandaleuse, la police maintient une pression absurde autour de cet événement populaire. Hier soir, pendant plusieurs heures, elle bloquait la possibilité d’apporter du ravitaillement, elle suscite parfois des petites provocations inutiles, etc. Qui donne ses consignes absurdes ? Qui a intérêt à ce que la violence l’emporte sur la fraternité ? C’est tout l’inverse qu’il faut faire.

Valorisons et félicitons ceux qui sont là, ceux qui ont pris l’initiative de cet évènement, ils sont les meilleurs d’entre nous. A l’image du célèbre mouvement des « Indignados » qui ont longtemps occupés la Place « Puerta del sol » à Madrid à partir de l’appel du 15 mai 2011. Bien sûr, il ne s’agit pas de reproduire je ne sais quel modèle, mais plutôt de s’inspirer de toutes les idées qui ont permis qu’un grand mouvement d’émancipation s’exprime, et par exemple en Espagne donne naissance (même indirectement) à Podemos. Désormais, c’est à Paris que cela se passe, ici et maintenant. La Place de la République est en passe de devenir le lieu « commun » où s’exprime tous les espoirs d’une population. Suite aux meurtres de l’équipe de Charlie Hebdo, en janvier 2015, elle était devenue un lieu de recueillement et de tristesse. Régulièrement, elle est le point de rendez-vous de manifestations diverses. Depuis jeudi, elle peut devenir le cratère joyeux du grand bouleversement qui bouillonne dans le pays. Souhaitons donc à la « Nuit debout » qu’elle devienne un « Peuple debout » qui ouvre la voie à ce grand changement politique que nous attendons tous. Nous verrons, je reste lucide, mais il serait irresponsable de doucher les espoirs qui se lèvent. Cela dépend de nous tous (et un peu de la météo… mais elle s’annonce clémente ce week-end).

En attendant, rendez-vous Place de la République !

(Merci au génial photographe Stéphane Burlot pour la première photo ici publiée. Allez découvrir le reste de son travail en cliquant ici)

Solidarité avec l’avocate Raquel Garrido attaquée par Marine Le Pen

Solidarité avec l’avocate Raquel Garrido attaquée par Marine Le Pen

J’appelle chacun à la solidarité. Demain, mardi 22 mars, en début d’après-midi, l’avocate Maitre Raquel Garrido passera en procès au Tribunal de Paris en raison d’une plainte déposée par Marine le Pen en 2012. La Présidente du Front National lui reproche en fait d’avoir fait simplement son travail en défendant son client Jean-Luc Mélenchon et d’avoir caractérisé l’attitude de la responsable d’extrême droite qui assumait alors publiquement d’avoir fait éditer et diffuser un faux tract lors de l’élection législative de 2012 à Hénin-Beaumont. Il faut refuser cette intimidation. J’invite chacun à manifester son soutien à Maitre Garrido, notamment pour le respect du droit de la défense, mais aussi pour éviter que le FN ne parade trop, croyant possible de faire peur à tous ceux qui élèvent la voix contre eux, pour dénoncer leurs actes.

Signez la pétition en cliquant ici :

Pétition de soutien :

Raquel Garrido, avocate d’un candidat aux législatives en 2012, est poursuivie par le Front national devant le tribunal correctionnel pour des propos tenus dans le cadre de sa mission de défense de son client.

La tentative d’intimider Maître Raquel Garrido dans l’affaire des faux tracts de Madame Le Pen contre Jean-Luc Mélenchon à Hénin-Beaumont est d’une exceptionnelle gravité. 

En poursuivant un avocat directement dans l’exercice de ses fonctions, le Front national affiche sa conception des droits de la défense, composante essentielle des droits de l’homme et des libertés individuelles. Ces pratiques qui visent à museler la parole de l’avocat sont d’un autre temps ou d’un autre lieu, mais n’ont pas leur place dans une société démocratique. 

Ce parti d’extrême droite nous montre ici son vrai visage.

Cette action du Front national nous rappelle qu’il doit être combattu avec force.

C’est pourquoi nous soutenons Maître Raquel Garrido avocate et son syndicat le SAF qui l’accompagne dans sa défense et exigeons avec eux que Marine Le Pen retire sa plainte.

 

 Premières organisations signataires :

Syndicat de la Magistrature (SM), Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes (VISA), Syndicat des Avocats de France (SAF), SAF Paris, Front de Gauche (Parti de Gauche – Parti Communiste Français – Gauche Unitaire – Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique – Convergences et Alternatives – Gauche Anticapitaliste – Parti Communiste des Ouvriers de France – République et Socialisme – Les Alternatifs), NPA, Union Syndicale Solidaires, SOS Racisme, Association la gauche par l’exemple, Agaureps-Prométhée, FASTI, Réseau Féministe Ruptures, MJCF, ANECR, Fondation Copernic, Gauche Avenir, MRAP, Ligue des Droits de l’Homme (LDH), Femmes Egalité, Europe Ecologie – les Verts (EELV), Utopia, FSU

 

 Premiers signataires :

Henri Peña-Ruiz, philosophe, écrivain, maitre de conférences à l’IEP , Marianne Lagrue, Avocate au Barreau de Paris, Présidente du SAF Paris, Benjamin Stora, historien, Didier Daeninckx, écrivain, Caroline Fourest, essayiste et journaliste, Pierre Marcelle, journaliste, Jean-Louis Comolli, cinéaste, Gilbert Mitterand, Président de la Fondation Danielle Mitterrand France Libertés, Marc Blondel, syndicaliste et libre penseur, Erwan Lorvellec, Avocat au Barreau de Paris, Annick Coupé, Porte-parole union syndicale Solidaires , Caroline Mecary, Avocate au Barreau de Paris, Conseillère Régionale Ile-de-France Europe Ecologie Les Verts, Martine Billard ex député de Paris (PG), Ian Brossat, Adjoint au Maire de Paris, Cindy Leoni, Présidente de SOS Racisme – Touche pas à mon pote, Emmanuel Poilane, Directeur de la Fondation Danielle Mitterrand France Libertés, Patrick Klugmann, Avocat au Barreau de Paris, Simone Mazauric, philosophe, Ali Ramdham, Président de l’appel des Tunisiens de France pour une République Citoyenne, Pascal Cherki, député-maire (PS) du 14ème arrondissement de Paris, Patrick Apel-Muller, Directeur de la rédaction de l’Humanité, Pierre Khalfa, co-président de la fondation Copernic, membre du Conseil Scientifique d’ATTAC, Jeannette Habel, maître de conférences à l’Institut des Hautes Etudes d’Amérique Latine, Gérard Boulanger, Avocat au Barreau de Bordeaux, Chimulus, dessinateur , Josée Pépin, membre du collectif de défense de l’hôpital Tenon, Nordine Idir, président du MJCF, Didier Minot, fondateur de Récit (Réseau des écoles de citoyens), Zinn-Din Boukhenaïssi, délégué général du CNLRQ, Gustave Massiah, économiste

 

Nicolas Sarkozy a tort d’entretenir la guerre des mémoires

Je m’exprime ici à titre personnel. Depuis ce matin, sans doute aussi un peu pour étouffer médiatiquement le succès de la journée d’hier contre la loi El Khomri et la difficulté pour l’ancien président de la République de se faire entendre, les grosses caisses de la controverse historique sont de sorties à droite. A la veille du 54eanniversaire du cessez le feu en Algérie pour les troupes françaises, suite aux accords d’Evian signés le 18 mars 1962, Nicolas Sarkozy et manifestement plusieurs responsables de la droite française ont décidé de chevaucher le tigre de la Guerre des mémoires concernant cette guerre (qui a attendu 1999, pour être reconnue comme telle).

Le point de départ de la controverse du jour est une cérémonie organisée demain par François Hollande devant le Mémorial national de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie (Quai Branly à Paris). Je ne me prononcerai pas sur la qualité de ce que dira demain le Président de la République. Comme tous citoyens, j’ignore ce qu’il déclarera et quel sera son regard sur cette page d’histoire sensible. A ce stade de la polémique engagée par la droite, ce n’est pas le sujet. Par contre, je veux essayer de répondre à ce que dit M. Sarkozy, ferraillant sur le choix de la date du 19 mars, car je considère qu’il a profondément tort. Et je ne vois pas en quoi, la date du 5 décembre, qui existe uniquement car elle fut celle de l’inauguration du monument par Jacques Chirac le 5 décembre 2002, qui ne correspond à aucun événement historique, donnerait la garantie de l’apaisement. Au contraire, elle serait sans doute l’assurance du maintien de l’ambiguïté, triturée par tous les groupes et sous-groupes de mémoires, preuve d’un malaise qui ne s’éteint pas, alors qu’il est nécessaire d’avancer les yeux ouverts et la connaissance partagée.

Habilement, ces mêmes voix de droite s’élèvent au nom du refus de la guerre des mémoires. Mais ce qu’elles font produit l’inverse. Qui ne le voit pas. Dans le Figaro, M. Sarkozy publie une tribune titrée « Choisir la date du 19 mars, c’est entretenir la guerre des mémoires ». Mais, 54 ans après ce douloureux conflit, la réalité est que ceux qui sonnent la charge de cette façon contre le 19 mars, entretiennent assurément cette guerre des mémoires. Sur un sujet aussi sensible, il faut travailler à une paix des mémoires, rechercher le compromis mémoriel, refuser le communautarisme mémoriel dans lequel s’enferment tel ou tel groupes. Bien sûr, on peut discuter de toutes les dates de commémorations. Le 19 mars n’est sans doute pas une date idéale. Existe-t-elle ? Non. Comme ce conflit, ici tout est lourd de complexité. Mais faire scandale de la date du 19 mars, c’est marcher dans les pas ancien de l’extrême droite, du FN, de par exemple Robert Ménard à Béziers(et son permanent culte malsain à l’organisation criminelle OAS) et tous les nostalgiques de l’ordre colonial en Algérie qui ont toujours vomi cette date et ce … dès le 20 mars 1962 ! Ce refus s’est d’ailleurs écrit par le sang. Il est temps de rappelé ici par exemple la mémoire de Camille Blanc le Maire d’Evian, ancien résistant et pacifiste, assassiné le 31 mars 1962 par l’OAS, pour avoir accepté que sa ville accueille des pourparlers de paix entre des représentants de la France et du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (GPRA).

54 ans plus tard, une fois les braises refroidies d’un conflit douloureux n’est-il pas temps d’avancer et d’essayer de bâtir une mémoire commune et apaisée d’un tel conflit ? Pour éviter que des approximations soient assénées ici ou là, il est nécessaire de rappeler quelques chiffres qui font l’unanimité chez la grande majorité des historiens français. Ce conflit entre 1954 et 1962 a causé la mort de 300 à 400 000 « algériens » (aux noms différents selon les époques : indigènes, français musulmans, etc..), 30 000 soldats « appelés » et 10 000 « pieds noirs » (je suis conscient du caractère discutable de ces dénominations mais chacun comprendra). Ce fut donc une guerre sanglante et cruelle. Bien sûr, après le 19 mars 1962 il y eu des violences et des massacres inacceptables (rue d’Isly, Oran.). Personne ne peut et ne doit le nier. Pour autant, il serait délirant de sous-entendre qu’il y eut plus de morts après le 19 mars qu’avant, comme on pourrait l’entendre en écoutant certains ultras qui s’expriment. A partir du 19 mars, les 400 000 appelés sous l’uniforme, qui étaient présents en Algérie comprirent que la guerre était finie pour eux et qu’ils allaient entrer dans leurs familles. Pour les 1,5 millions d’appelés, c’est une date qui fait sens. Mais pour sûr que tout cela est douloureux pour bien des acteurs engagés. Il y a bien sûr la grande majorité du peuple algérien qui obtenait chèrement la fin d’un ordre colonial injuste. Je n’oublie les Harkis, injustement traités par le gouvernement français et pour certains massacrés cruellement par des unités du FLN après le cessez-le-feu. Je n’oublie pas non plus le million de pieds noirs qui ont aimé passionnément ce pays qui était le leur et celui de leurs ancêtres, et qui ont dû le quitter dans une grande souffrance, malgré les promesses non tenues et les espoirs d’y rester. Certains le firent toutefois.

Je ne veux pas oublier enfin que si une autre histoire ne fut pas possible en Algérie c’est en raison notamment des meurtriers de l’OAS, animés par des ultras, fanatiques et brutaux, qui ne voulaient d’aucun changement politique, et qui se déchainèrent particulièrement après le 19 mars. La catastrophe algérienne est aussi le fruit d’un long mépris des autorités françaises envers tous ceux qui ont rêvé une autre histoire pour cette terre. Je pense ici à Ferhat Abas, grande personnalité politique algérienne, fils des idéaux des Lumières, qui a cru d’abord à la politique d’assimilation avant de se rendre à l’évidence qu’il n’y avait pas d’autre issue que l’indépendance. Je pense encore au père du nationalisme algérien Messali Hadj fut toute sa vie méprisée par les autorités politiques françaises qui ne l’ont jamais rencontré officiellement.

Cette histoire est donc complexe. Car, si ce fut une guerre, ce fut aussi une guerre civile. Ce fut également une guerre politique dans le contexte de la décolonisation. Ce fut enfin une guerre sociale car ceux contre qui l’armée française luttait, étaient en dernière analyse le parti des humiliés et des opprimés.

C’est là-dessus que j’aimerai terminer. Nicolas Sarkozy a tort d’écrire en conclusion de sa tribune « « choisir la date du 19 mars que certains continuent à considérer comme une défaite militaire de la France, c’est en quelque sorte adopter le point de vue des uns contre les autres, c’est considérer qu’il y a désormais un bon et un mauvais côté de l’Histoire et que la France était du mauvais côté.» Non. Qui sont ces « uns » et ces « autres » ? Ces non-dits sont lourds de sens. Et puis, il est faux de considérer que la commémoration du 19 mars serait la date des Algériens ou du FLN en quelque sorte, contre qui les soldats français ont lutté. Il n’y a là aucune repentance de la part de la France vis à vis de l’Algérie en évoquant cette date. Non, cette date n’est pas fêtée aujourd’hui « comme une victoire » en Algérie et elle est aussi l’objet de controverse de l’autre côté de la méditerranée (Contrairement à ce qu’affirment certains dans Valeurs Actuelles). Non, M. Louis Aliot, vice-président du FN, aussi forte soit la douleur et aussi tragique furent les violences et règlements de compte massifs, il est délirant d’évoquer l’existence d’un « génocide » à partir de cette date. Les mémoires de morts, le respect de leur sacrifice, tombés pour la France ou pour l’indépendance de l’Algérie, exigent une certaine tenue dans ce débat. Et puis surtout, ne tournons pas autour du pot. Construire le futur impose la vérité. L’amour pour mon pays, de son peuple et son histoire riche et tumultueuse (et ses nombreuses ombres aussi) me force à écrire la chose suivante. Oui là-bas la France a combattu pour un ordre injuste, il était donc juste d’être battu. Ouvrons les yeux ! C’était une guerre perdue d’avance et le bon droit républicain et son idéal égalitaire n’était pas du côté des armées françaises. Qui veut contester cette réalité ? 54 ans après cette guerre injuste, il serait temps d’assumer cela, paisiblement, fraternellement. Pourquoi reprendre les thématiques de ceux pour qui la guerre n’est pas finie, et qui montrent souvent du doigt nos compatriotes de confessions musulmanes comme étant des héritiers des combattants du FLN qu’il faudrait bouter hors de métropoles, comme un ultime épisode de ce si long conflit. La guerre est finie ! Combien de fois faudra-t-il le répéter ? Et quel que soit le camp dans lequel nos aïeux se sont engagés, nous avons désormais un pays à construire ensemble.

Pour bâtir une mémoire commune, et agrandir ainsi notre Histoire de France, pour la paix et la fraternité, hier comme aujourd’hui, il faut entrer dans le temps des mémoires apaisées sur la guerre d’Algérie. Ceux qui le refusent, ne rendent pas service à la France.

Nicolas Sarkozy a tort d’entretenir la guerre des mémoires

Nicolas Sarkozy a tort d’entretenir la guerre des mémoires

Je m’exprime ici à titre personnel. Depuis ce matin, sans doute aussi un peu pour étouffer médiatiquement le succès de la journée d’hier contre la loi El Khomri et la difficulté pour l’ancien président de la République de se faire entendre, les grosses caisses de la controverse historique sont de sorties à droite. A la veille du 54eanniversaire du cessez le feu en Algérie pour les troupes françaises, suite aux accords d’Evian signés le 18 mars 1962, Nicolas Sarkozy et manifestement plusieurs responsables de la droite française ont décidé de chevaucher le tigre de la Guerre des mémoires concernant cette guerre (qui a attendu 1999, pour être reconnue comme telle).

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Grandes et petites manœuvres…

Continuons d’exiger le retrait de la loi El Khomri

Le gouvernement a commencé à reculer à propos de quelques points sur la loi El Khomri, mais il a maintenu dans sa nouvelle mouture des mesures dangereuses pour les salariés et extrêmement réactionnaires. Bien des commentaires plus pertinents que les lignes qui suivront ont déjà été écrits. Nous sommes nombreux à le dire, et aussi dans les Confédérations syndicales CGT et FO : la cohérence d’ensemble, même plus light, reste hélas la même. La seule suppression réelle concerne le temps de travail des apprentis qui restera comme précédemment.  Sur le plafonnement des indemnités prud’homales, qui est transformé en « barème indicatif » (mais qui laisse à craindre des harmonisations vers le bas), la reculade est modeste. Le texte reste surtout un dispositif au profit des grandes entreprise et n’offre rien aux PME et TPE qui souffrent beaucoup des banques qui ne les aident guère. Lire la suite

Grandes et petites manœuvres…

Grandes et petites manœuvres…

Continuons d’exiger le retrait de la loi El Khomri

Le gouvernement a commencé à reculer à propos de quelques points sur la loi El Khomri, mais il a maintenu dans sa nouvelle mouture des mesures dangereuses pour les salariés et extrêmement réactionnaires. Bien des commentaires plus pertinents que les lignes qui suivront ont déjà été écris. Nous sommes nombreux à le dire, et aussi dans les Confédérations syndicales CGT et FO : la cohérence d’ensemble, même plus light, reste hélas la même. La seule suppression réelle concerne le temps de travail des apprentis qui restera comme précédemment.

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