Alexis Corbière

Thème : Tribunes

Gérald Darmanin et l’«islamo-gauchisme», qualificatif usé jusqu’à la corde !

Gérald Darmanin et l’«islamo-gauchisme», qualificatif usé jusqu’à la corde ! Featured

A l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur a accusé La France insoumise d’être aveugle à l’islamisme. Il doit cesser cette musique dangereuse qui travestit en suspects tous les concitoyens musulmans et se préoccuper des fractures sociales que le gouvernement aggrave.

Un député de l’opposition a l’habitude que les ministres esquivent ses questions et se réfugient dans la polémique quand ils sont mis en difficulté. Je ne veux cependant pas banaliser la réponse que le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin m’a faite mardi 6 octobre à propos du récent discours du président de la République sur le «séparatisme» «Dans votre circonscription, vous le savez fort bien, […] la situation monsieur le député est extrêmement grave et je ne m’excuse pas qu’un parti comme le vôtre, qui a dénoncé pendant longtemps l’opium du peuple, en soit désormais lié avec un islamo-gauchisme qui détruit la République. Voilà la réalité monsieur Corbière !»

Je serai donc aveugle devant le séparatisme dans ma circonscription de Montreuil et Bagnolet. Je mets pourtant au défi M. le ministre de l’Intérieur d’énoncer les faits qui justifient qu’il parle d’une «situation extrêmement grave». Non seulement depuis 2017 et mon élection comme député, personne n’a jamais avancé cette thèse, ni M. le préfet de Seine-Saint-Denis, ni les commissaires de police de ma circonscription. Mais au contraire, ces derniers ont généralement répondu à mes questions que, fort heureusement, il n’existait pas de faits significatifs dans cette partie du département. De quoi parle donc le ministre de l’Intérieur ?

Mesure-t-il, dans sa grande légèreté, le mépris qu’il témoigne pour les habitants de Montreuil et Bagnolet, devenus «un corps électoral» passivement complice d’opposants à la République ? Quant à moi, je fermerais les yeux pour des raisons électoralistes et clientélistes ? Le militant républicain et laïque que je suis ne peut tolérer aucune de ces attaques.

Progression de la pauvreté

Car, oui, depuis trois ans, je ne cesse d’interpeller le gouvernement sur les véritables «faits graves» qui se passent dans ma circonscription : la progression de la pauvreté, le recul de l’accès aux soins, les logements insalubres, le développement du trafic de drogue, les violences faites aux femmes, les écoles publiques qui manquent de moyens, l’absence de commissariat à Bagnolet, le nombre insuffisant de policiers, choses qui devraient préoccuper au premier chef le ministre de l’Intérieur mais que la politique du gouvernement auquel il appartient aggrave !

La charge du ministre de l’Intérieur est accompagnée d’un autre qualificatif : «Islamo-gauchiste.» Me le voilà donc collé sur le front, le stigmate à la mode, pris à Madame Le Pen, repris par la droite, puis par le pitoyable Manuel Valls ou quelques responsables, hélas, du PS à la dérive, et maintenant, usé jusqu’à la corde, par le gouvernement LREM.

J’informe M. Darmanin et sa meute d’insulteurs en cadence, que je ne suis ni islamiste – dois-je vraiment le prouver ? – ni gauchiste. Je rappelle au passage que ce dernier terme, popularisé par Lénine en 1920, désigne une «maladie infantile du communisme» qui menace ceux qui refusent le parlementarisme. Accusation un peu comique donc, un siècle plus tard, contre un député qui ne revendique que davantage de droits pour le Parlement !

Discours obsédant

S’indigner que l’on tire au fusil sur une mosquée et des fidèles, défendre une laïcité qui ne soit pas à géométrie variable, considérer que les lois actuelles permettent déjà de lutter contre la progression du fanatisme religieux mais que les services de l’Etat manquent de personnels et de moyens pour remplir cette mission, affirmer que l’affaiblissement de la République sociale et des services publics est le terreau de l’islamisme, s’opposer au discours obsédant venu de l’extrême droite contre les musulmans, ce serait donc là être «islamo-gauchiste» ?

Le ministre Darmanin doit cesser cette musique dangereuse qui travestit en suspects tous nos concitoyens musulmans, ou supposés l’être. Ils ne réclament pourtant qu’une chose, vivre en paix et en République sans être confondus avec les islamistes meurtriers qui ont endeuillé trop de fois notre pays.

Il est temps d’en finir avec ces propos détestables et infamants, au nom de la concorde nationale ou, c’est la même chose, de l’idéal de laïcité.

Ma tribune dans Libération

Séparatismes : « Le macronisme nous fait courir le risque d’accélerer “l’archipélisation” d’un pays toujours plus divisé »

Séparatismes : « Le macronisme nous fait courir le risque d’accélerer “l’archipélisation” d’un pays toujours plus divisé » Featured

Le député La France Insoumise (LFI) Alexis Corbière critique, dans une tribune au « Monde », le projet de loi « contre les séparatismes », qu’il juge inefficace et dont il estime les « conséquences délétères » pour les millions de musulmans en France.

L’attaque contre les anciens locaux de Charlie Hebdo et ses deux victimes nous rappellent cruellement que la lutte contre le fanatisme religieux et l’islamisme radical ne doit jamais être relâchée. Le président de la République a jusqu’ici choisi de réserver sa parole mais il prononcera vendredi 2 octobre un discours sur le « séparatisme » et une loi sera présentée dans la foulée.

On s’étonnera, quand une partie de la majorité crie à l’urgence d’agir, que cette loi ne soit ensuite débattue à l’Assemblée nationale qu’à la fin de 2021. Mais les mêmes approuveront un calendrier qui leur permettra de faire traîner le débat pour occuper plus longtemps l’espace médiatique.

Qu’est-ce que ce « séparatisme » ? Pour Emmanuel Macron, « la volonté de ne pas vivre ensemble, de ne plus être dans la République, et au nom d’une religion, l’islam, en la dévoyant ». Pour le ministre de l’intérieur, « les “principaux séparatistes” en France sont les islamistes radicaux » et notamment «ceux qui pratiquent la taqiya, c’est-à-dire la dissimulation : qui par l’islam politique, qui par une sorte d’entrisme qui ne dit pas son nom, essaient de changer la vie de nos concitoyens et d’imposer leurs vues».

Comment démontrer la fourberie condamnable ?

Contre le risque terroriste en général, et celui de l’islamisme radical en particulier, pas moins de 28 lois ont été adoptées depuis 30 ans pour renforcer l’arsenal répressif. Chaque fois, l’objectif affiché était de développer le renseignement, de surveiller les lieux de culte, les associations, les clubs sportifs, de repérer les pôles de radicalisation, de développer des veilles numériques sophistiquées pour cibler les individus qui pourraient passer à l’acte, etc.

Cet attirail législatif, critiquable sur beaucoup de points, a peut-être pu éviter des attentats – ce dont il faut se féliciter – mais c’est souvent l’insuffisance de moyens humains qualifiés qui a empêché que les terroristes soient repérés et neutralisés avant qu’ils passent à l’action. Mais, le projet de loi « séparatisme » entend agir sur un autre terrain.

Même si nous en ignorons actuellement les détails, plusieurs déclarations publiques de ses artisans autorisent déjà quelques réflexions. Il s’agirait donc de lutter contre la dissimulation. Toute conscience républicaine, attachée au droit, mesure la difficulté. Comment juger non des actes mais des intentions dissimulées ? Comment démontrer la fourberie condamnable ? Comment ne pas sombrer dans le délit d’intention ? Qui ne comprend pas le risque d’une prochaine « loi des suspects » ?

Le thème d’une impuissance de l’Etat

Le gouvernement veut agir contre ceux qui « veulent imposer leur vue » à d’autres, on imagine par la contrainte ou la manipulation mentale. Disons-le plus simplement : contre le fanatisme religieux et les pratiques sectaires, en particulier celles issues de l’islam. Mais alors, pourquoi réduit-il si drastiquement les moyens de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) qui est aujourd’hui menacée de disparition ?

Les promoteurs ministériels du futur projet de loi agitent le thème d’une impuissance de l’Etat face aux pratiques obscurantistes d’écoles musulmanes hors contrat. Mais la loi Gatel de 2018, dont se félicitait il y a peu de temps encore le ministre de l’éducation nationale, ne permet-elle pas précisément de les fermer ?

Pourquoi aussi sous-entendre que l’on ne peut pas fermer des lieux de culte, alors que 15 au moins l’ont été ces trois dernières années, dont une majorité n’était d’ailleurs pas musulmane ? La grande loi laïque de 1905, qui reste d’une brûlante actualité, ne contient-elle pas déjà de rigoureuses dispositions en matière de police des cultes ?

Pour une égalité de traitement

Faut-il rappeler au passage qu’elle est d’ailleurs régulièrement malmenée par les gouvernement successifs et qu’en raison du Concordat, elle ne s’applique toujours pas sur l’ensemble du territoire national ? Concernant le contrôle des flux de financements étrangers douteux de certains lieux de culte, possiblement liés à des réseaux terroristes, pourquoi ne pas rappeler que c’est précisément la mission de Tracfin depuis 1990 ?

Est-il bien sérieux de vouloir légiférer parce que dans certains clubs sportifs on ne se doucherait plus tout nu, mais trop souvent, aux yeux du ministre de l’intérieur, avec un maillot ? Est-il crédible de dénoncer la non-mixité d’une poignée de clubs sportifs de Seine Saint-Denis, quand on finance avec l’argent public des écoles privés catholiques sous contrat qui font de la non-mixité un projet pédagogique pour les enfants de la bonne bourgeoisie des Hauts-de-Seine ? Qui, d’ailleurs, dénoncera les clubs privés sélects de l’oligarchie française où, à quelques mètres des Champs Elysées, les femmes sont encore interdites ? Ce qui préoccupe dans le 93 doit-il être toléré dans les beaux quartiers de la capitale ?

Enfin, si nous sommes tous d’accord pour dénoncer que des médecins délivrent d’abjects certificats de virginité, est-il possible de savoir combien sont attribués chaque année et si cette pratique détestable est en augmentation ou en voie de disparition ?

Un risque d’accélerer « l’archipélisation »

Qu’attend le gouvernement pour publier le bilan des Cellules départementales contre l’islamisme et le repli communautaire (CLIR) présentes dans 83 départements ? Est-il possible d’avoir, sur ces sujets, un débat sérieux et rationnel basé sur des faits, des chiffres et des études partagées plutôt que le spectacle et le « buzz » de ministres à la recherche permanente du sensationnalisme, sur le dos de toujours les mêmes personnes : nos concitoyens de confession musulmane vivant dans les quartiers populaires.

Cette stratégie gouvernementale qui encourage la défiance de masse est irresponsable. Notre pays n’a pas besoin d’une loi des suspects sans efficacité concrète contre l’islamisme radical et les fanatiques meurtriers, mais aux conséquences délétères pour plusieurs millions de nos concitoyens, lassés d’être les victimes d’une vindicte confuse et malsaine.

En agitant la société sur des sujets ultra minoritaires qui développent une suspicion majoritaire, le macronisme nous fait courir le risque d’accélerer « l’archipélisation » d’un pays toujours plus divisé.

Le creusement des inégalités, de la précarité, la dégradation de l’école, de l’hôpital et de tous les services publics, le Covid et ses terribles conséquences sanitaires et sociales, la crise démocratique qu’atteste une abstention de plus en plus forte, tous les maux qui ravagent nos départements populaires et en particulier la Seine Saint-Denis ne suffisent-ils pas ?

A contrario, qui ne voit pas prospérer le « séparatisme » des riches, de moins en moins liés au reste de la collectivité nationale, refusant la mixité sociale, vivant dans l’entre-soi confortable de leurs quartiers fermés, de leurs villégiatures de luxe et de leurs très chères écoles ou cliniques privées ?

Le remède aux ferments de l’éclatement social ne peut consister dans la gesticulation politicienne contre un « séparatisme » aux contours aussi flous. La République ne peut être confondue avec une politique du soupçon.

Ma tribune dans Le Monde

Intervention sur la privatisation des aéroports de Paris

Intervention sur la privatisation des aéroports de Paris Featured

Alexis Corbière est intervenu ce jour, à la tribune de l’Assemblée Nationale, sur la privatisation, souhaitée par le gouvernement Macron, des Aéroports De Paris. Il a notamment rappelé qu’il était insensé de priver l’Etat français de la manne financière que rapportent les aéroports de Paris. Il a ensuite terminé son discours en mettant en garde le gouvernement sur le fait que cette privatisation peut être la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Réponse au JDD – fact-checking suite au meeting de Montreuil

Réponse au JDD – fact-checking suite au meeting de Montreuil Featured

Dans son édition du 3 mars 2019, le Journal du dimanche prétend avoir « fact- checké » un extrait du discours que j’ai prononcé lors d’un meeting organisé à Montreuil le 19 février dernier.

Reunion publique de la France insoumise a Montreuil le 19 fevrier a Montreuil en presence de quatre deputes du groupe parlementaire – Montreuil, 19 fevrier 2019.

Géraldine Woessner, journaliste, affirme ainsi rapporter mes propos en me prêtant la citation suivante : « Il faut se battre pour plus d’investissements en Seine-Saint- Denis. 50% des contractuels embauchés en France sont en Seine-Saint-Denis ! ».

Si madame Woessner ou l’un de ses collègues avait jugé opportun de venir à mon meeting ou ne serait-ce que de l’écouter en direct ou en différé sur internet, elle aurait tout de suite compris que je parlais ici d’éducation, et plus particulièrement de la situation dans le 1er degré.

Car voici, mot pour mot, mes propos tels que je les ai prononcés ce soir-là à Montreuil :

« L’éducation, j’en parlais tout à l’heure. En Seine-Saint-Denis, 50% des contractuels qui sont embauchés en France, du 1er degré, sont dans notre département. »

Pour écrire cet article à charge qui prétend démêler « le vrai du faux », la journaliste n’a donc pas pris la peine d’écouter ce que j’ai dit. Elle a en réalité construit tout son travail en fusionnant deux tweets qui constituaient pourtant chacun un extrait distinct – et nécessairement tronqué – du discours que j’ai prononcé. Mis bout à bout et sortis de tout contexte, ces deux tweets fusionnés ont donc un tout autre sens que les paroles que j’ai tenues devant les quelques 400 personnes présentes.

S’il s’agit vraiment de démêler « le vrai du faux », je me propose de faciliter le travail de madame Woessner en lui indiquant directement la source du chiffre que j’ai utilisé. Il s’agit d’un rapport de la cour des comptes intitulé « Gérer les enseignants autrement », rendu public en octobre 2017 et consultable en quelques clics sur le site de la Cour des Comptes.

Et voici ce que dit, mot pour mot, ce rapport : « la moitié des contractuels remplaçants de premier degré de France métropolitaine est affectée [en Seine- Saint-Denis] ».

Dès lors, mes propos n’ont donc fait que paraphraser ce document, en reprenant le constat posé par la cour des comptes.

N’en déplaise aux fact-checkeurs qui voudraient absolument édulcorer cette réalité, la situation de l’enseignement public en Seine-Saint-Denis est grave, pour ne pas dire alarmante.

À l’avenir, je serais donc ravi d’accueillir madame Woessner ou tout autre collaborateur du Journal du Dimanche qui s’intéresse à ce sujet. Je suis disponible pour répondre à leurs questions ou leur faire part de nos propositions. Ils verront alors, je l’espère, que mon travail politique et parlementaire ne se limite pas à quelques tweets, et encore moins à deux tweets fusionnés arbitrairement et sortis de leur contexte.

« Secret d’Histoire » : La réponse de France 2 et quelques commentaires

Suite à la lettre que nous leur avons adressée avec Jean-Luc Mélenchon, concernant particulièrement le contenu des programmes de « Secrets d’Histoire » présentés par M. Stéphane Bern, la direction de France 2 nous a répondu dans un communiqué hier.

Je vous invite à en prendre connaissance et vous pourrez lire ensuite les premiers commentaires que cela suscite de ma part :

Communiqué de France 2

À la suite des déclarations de Monsieur Jean-Luc Mélenchon relatives à l’émission Secrets d’histoire, la direction de l’antenne et des programmes de France 2 tient à apporter les précisions suivantes.

France 2 réfute tout d’abord très fermement toute orientation idéologique concernant les contenus de ce programme emblématique de son antenne depuis 2007.

La qualité de ce programme d’histoire et la très grande variété de ses thèmes sont régulièrement reconnues par les téléspectateurs, aussi bien sur le plan des audiences que des retours qualitatifs.

L’histoire de France y est ainsi abordée dans toute sa diversité, de Saint-Louis à Charles de Gaulle, en passant par Jeanne d’Arc, Louis XIV, Danton, La Fayette, Talleyrand, Napoléon, Victor Hugo, Clemenceau…

Par ailleurs, l’histoire sur France 2 va bien au-delà du magazine culturel « Secrets d’histoire ». France 2 propose très régulièrement en première partie de soirée des grands documentaires événementiels, qui réunissent un public large et familial : la collection « Apocalypse », « La destruction des Juifs d’Europe », « La chute du Reich », « La dame du 6″, « Marie Curie, une femme sur le front », « Guerre d’Algérie, la déchirure » ; sans oublier la collection « Un jour, une histoire » (Pétain, Klaus Barbie, Simone Veil), « Un jour, un destin » (Jacques Chirac, François Mitterrand, Georges Marchais, Valéry Giscard d’Estaing, Nicolas Sarkozy, Georges Pompidou, Ségolène Royal…) et le rendez-vous documentaire hebdomadaire « Infrarouge », qui s’ouvre fréquemment à l’histoire (« Stalingrad », « Les pilotes français de l’Armée rouge : Normandie-Niemen », « Ils étaient la 2ème DB », « L’argent de la résistance », « Geneviève de Gaulle Anthonioz et Germaine Tillion : l’honneur de vivre »…).

Plus généralement, les téléspectateurs de France 2 plébiscitent la couverture par la direction de l’information et l’antenne de France 2 des grandes commémorations : 70ème anniversaire de la capitulation allemande le 8 mai dernier ; les commémorations du 6 juin l’an dernier ; le 14 juillet ; le 11 novembre ; les 70 ans de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau le 27 janvier 2015…

A noter que la fiction de France 2 apporte une contribution importante au traitement de l’histoire sur la chaîne. Citons notamment « La loi » sur le combat de Simone Veil sur l’avortement, les 2 épisodes de 90 minutes de « Toussaint Louverture », « Brassens, la mauvaise réputation », « Le chapeau de Mitterrand », « Un homme d’honneur » consacré à Pierre

Enfin, France 2, encore aujourd’hui, avec l’édition spéciale de la rédaction « 4 résistants au Panthéon », montre une nouvelle fois qu’elle joue pleinement son rôle et ses missions de service public dans le domaine de l’histoire et de la mémoire collective.

Sur France 2, l’histoire est résolument en mouvement, vivante, citoyenne et républicaine.

                                   *     *     *

Mes premiers commentaires :

1)    Même si notre lettre est adressée à la Directrice de France Télévisions, je tiens d’abord à remercier France 2 de nous avoir répondu si vite. C’est pour moi non seulement la marque d’une certaine courtoisie mais surtout la preuve qu’il est légitime de débattre des contenus des programmes du service public audiovisuel qui est notre bien commun.

2)   Je considère néanmoins que cette lettre n’apporte aucune réponse sur le fond à la principale critique que nous adressons : pourquoi « Secrets d’Histoire », aujourd’hui devenu « la » principale émission historique du service public, propose-t-il un tel déséquilibre dans le choix de ces sujets en privilégiant outrancièrement le destin des rois et des reines, les favorites, leurs enfants, etc. ? Pourquoi si peu de personnages associés à la fondation de la République ? Pourquoi les femmes sont-elles à ce point sous valorisées ? Pourquoi aucun personnage partie prenante de notre histoire nationale liés aux Caraïbes, à l’Afrique du Nord ou sub-saharienne ? Pourquoi aucun philosophe des Lumières ? Pourquoi cet effacement des grandes mobilisations sociales et politiques qui ont tant marquées notre Histoire ? Etc. Ainsi, je ne peux pas être d’accord avec France 2 quand il nous répond à propos de cette émission : « L’histoire de France y est ainsi abordée dans toute sa diversité ». Non, désolé, ce n’est pas exact et j’invite chacun à aller consulter la liste (cliquer ici) de tous les thèmes abordés par Secrets d’Histoire depuis 2007 afin de vérifier si oui ou non, ce que nous pointons avec Jean-Luc Mélenchon est exact.

3)   Je ne peux pas prendre au sérieux que les manques historiques en quelque sorte de « Secrets d’Histoire » seraient rééquilibrés par d’autres magazines culturels comme « Un jour, un destin » ou « Un jour, une histoire » présentés par Laurent Delahousse. Il s’agit là d’émissions ayant ouvertement un parti pris très « people » qui abordent la vie de gens célèbres exclusivement à travers leurs petits secrets, leurs blessures intimes (Par exemple : la maladie de Georges Pompidou, la vie privée de François Mitterrand, etc..) ou leurs vies sentimentales même quand il s’agit de personnalités politiques ou historiques. De plus, sur 78 émissions depuis 2007, seulement 10 sont consacrées à ces dernières. On ne peut considérer ce programme comme un complément réels à l’attirance obsessionnelle de « Secrets d’Histoire » pour les têtes couronnées. Sans quoi, c’est le triomphe de Closer sur l’Histoire de France.

4)   Oui, il est indiscutable que le service public produit et diffuse des grands documentaires évènementiels, généralement de bonne qualité, en première partie de soirée, de façon exceptionnelle. Je suis toutefois preneur de la liste exacte de tous ces programmes et de leur régularité sur une année pour juger de quelle manière ils complètent l’offre historique sur France 2. Je fais observer que, de ce que j’en vois, il s’agit presqu’exclusivement de programmes ayant un lien avec la première ou la seconde guerre mondiale et parfois la guerre d’Algérie. C’est bien sûr fort utile, mais cela ne s’aventure guère plus loin. Cela illustre précisément ce que nous pointons dans notre lettre. L’Histoire de France ce n’est pas seulement l’addition du destin des Rois de France et les grands conflits militaires du 20e siècle.

5)   Le fait que France Télévisions couvre les grands évènements mémoriels et les grandes cérémonies républicaines n’est que la moindre des choses. Toutefois, l’exemple récent du Panthéon est révélateur d’un problème potentiel. Le Président de la République dans son hommage aux grandes figures de la Résistance n’a pas souhaité y associer des résistants communistes (Henri Rol Tanguy, Missak Manouchian, Danielle Casanova, etc.). C’est une erreur. La seule retransmission des grandes cérémonies n’est donc pas suffisante, car elle place l’Histoire totalement entre les mains des dirigeants politiques du pays.

6)   Il est un peu regrettable que France 2 utilise l’argument de l’audience comme « preuve » de la qualité de leur programme. L’exemple de programmes de chaines privées de qualité fort médiocre mais ayant une grosse audience atteste que cet argument à des limites et ne peut servir de seule boussole au service public.

7)   Pourquoi France 2 réfute que les programmes, notamment ceux qui abordent l’Histoire, contiennent une orientation idéologique ? On ne peut étudier et transmettre l’Histoire sans cela. Faire croire l’inverse est soit naïf, soit malhonnête. En Histoire, la « neutralité » totale n’existe pas. Il est en revanche utile que le service public maitrise et assume les partis pris idéologiques de certains programmes, le dise clairement aux téléspectateurs et assurent le fait que différentes opinions ou approches historiographiques puissent y être entendues, notamment en se confrontant. Il importe aussi que ce ne soit pas les thèses les plus farfelues ou mêmes les plus inacceptables qui trouvent dans le service public une caisse de résonnance au détriment des travaux de la grande majorité des historiens reconnus. Il importe enfin que ce ne soit pas le courant historique le plus nostalgique de l’Ancien régime qui gagne dans le service public une tribune permanente. Nous pensons que c’est ce qui n’existent pas, ou si peu, dans « Secrets d’Histoire ».

Sans complexe ni repentance, la République a le droit de voir sa tumultueuse mais passionnante histoire racontée et transmise dans le service public. Ceux qui ont donné leurs vies pour elle ne doivent pas être effacés au nom de l’audimat.

Islamo-gauchiste : réflexions sur une injure absurde contre la France Insoumise

Islamo-gauchiste : réflexions sur une injure absurde contre la France Insoumise

Je reviens sur un incident qui s’est produit la semaine dernière à l’Assemblée nationale. Il s’agit d’un échange verbal « musclé » avec les députés FN, des LR, Manuel Valls d’un coté et votre serviteur , ainsi que mes amis députés FI de l’autre. Cette joute a fait le bonheur des réseaux sociaux. Je crois donc utile  de revenir sur cet étrange terme d’«islamo-gauchiste », utilisé plusieurs fois par nos adversaires contre notre groupe de députés aussi bien par l’extrême droite en la personne de Bruno Bilde, le député LR Guillaume Larrivé, que par l’ancien premier ministre PS du gouvernement Hollande (lors d’une émission de BFM TV). Ce dernier avait également utilisé ce terme contre Benoit Hamon lors de la primaire PS. C’est une expression qu’il dégaine facilement sitôt qu’il est en difficulté.

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Solidarité avec Radhia Nasraoui et Hamma Hammami

Solidarité avec Radhia Nasraoui et Hamma Hammami

J’ai eu l’honneur de rencontrer ce mardi 15 août à Tunis l’avocate Radhia Nasraoui actuellement en grève de la faim. Je suis allé lui apporter symboliquement le soutien fraternel et amical du groupe parlementaire de la France Insoumise et particulièrement de son Président Jean-Luc Mélenchon. Je lui ai remis notre programme L’avenir en commun dédicacé de mots de soutiens personnels par l’ensemble des parlementaires du groupe France Insoumise à l’Assemblée nationale. Après cette rencontre, j’ai répondu à des interviews pour des chaînes d’informations tunisiennes, même si le reste des médias locaux sont hélas assez silencieux sur cette affaire. Je crois pouvoir dire que j’apportais avec moi également le soutien de tous ceux qui en France se considèrent comme Insoumis. Lors de cette visite, j’ai pu aussi rencontrer d’autres dirigeants du Front Populaire comme Ahmed Essadik Président du groupe Front Populaire à l’assemblée nationale tunisienne (qui compte 15 députés) ou mon amie Mouna Mathari.

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