Alexis Corbière

Thème : Tribunes

Sur BFM TV : sur les provocations de Gattaz

Hier soir, j’étais l’invité de BFM TV pour réagir aux provocations de Pierre Gattaz dans Le Monde, que j’ai dénoncé dans un précédent billet. Curieusement, face à moi il y avait également invitée une représentante de la CFDT. Il eut été logique que ce soit plutôt un représentant du Medef, non ? De manière générale, je me refuse de polémiquer publiquement avec des représentants syndicaux de salariés. Ce n’est pas mon rôle. Mais, je dois avouer qu’hier soir j’ai été choqué par l’attitude de la représentante de la CFDT qui s’est permis dire que « les mobilisations ne prennent pas » car « les gens commencent à comprendre que cette loi protège les salariés ». Lire la suite

Le mépris de classe de Pierre Gattaz

Le mépris de classe de Pierre Gattaz

Bienvenu dans le monde du mépris des puissants. Leur arrogance est sans limite, inépuisable, incontrôlable… Après l’épisode pitoyable du « costard » de la part d’Emmanuel Macron ce week-end, voici l’égoïsme de classe agressif de Pierre Gattaz en pleine page d’un quotidien du soir. Depuis le début du conflit social contre la loi El Khomri, le flux d’insultes contre les organisations syndicales et la CGT en particulier ne cesse d’augmenter jour après jour. On se croirait au 19e siècle. « Classe laborieuse, classe dangereuse » sert une nouvelle fois de fil conducteur à la pensée simpliste de commentateurs qui canonnent allègrement contre les grévistes. A force, on s’y habitue presque. Mais, un nouveau cap est franchi aujourd’hui avec Pierre Gattaz, Président du Medef, qui injurie sans retenu l’organisation syndicale dirigée par Philippe Martinez, en pleine une de Monde en ces termes : « Ils se comportent comme des voyous ». Oui, il a osé…. Et comme on le dit dans les films d’Audiard, les types comme lui, cela ose tout et c’est même à cela qu’on les reconnait.

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Mélenchon à DPDA : la campagne 2017 est lancée !

Mélenchon à DPDA : la campagne 2017 est lancée !

Jeudi 26 mai, Jean-Luc Mélenchon était l’invité sur France 2 de l’émission « Des paroles et des actes » (couramment dénommé sous le sigle DPDA) animée par David Pujadas. C’était d’ailleurs la dernière après cinq ans d’existence. L’an prochain, ce grand rendez-vous médiatique n’existera plus et sera remplacé par autre chose, une autre grande émission politique sur le service public audiovisuel. Nous verrons par quoi exactement et pourrons juger alors si c’est seulement le décor qui change, ou plus que ça. Mais, au-delà de cette évolution (assez normale finalement) des émissions télévisées, que nul ne se trompe. La soirée de jeudi ne fut pas celle d’une fin d’un cycle, mais bien d’un début : le commencement de la campagne électorale de l’élection présidentielle de 2017 ! Et par conséquence, l’ensemble des chausses trappes, des peaux de bananes, des coussins péteurs et autre fluide glacial qui sont généralement préparés pour déstabiliser tous ceux qui montent sur la barricade (médiatique) étaient bien là. Ils sont toujours servis en bouquet quand l’invité est une d’autre température que le long flot d’eau tiède qui coule du robinet télévisuel trop souvent… C’est le jeu, pourrait-on dire… faute de pain (lire le billet de François Cocq).

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Soutenons la mobilisation contre la loi El Khomri

Soutenons la mobilisation contre la loi El Khomri

Il faut toujours faire attention aux mots. En politique, ils sont des armes de combat. Et ils sont toujours révélateurs des imaginaires et des références intellectuelles de celui qui les portent. Généralement, ils brûlent aussi ceux qui les utilisent à tort et à travers pour masquer leurs propres turpitudes. Depuis hier, en réaction aux grèves des salariés des raffineries de pétrole, la surenchère verbale à laquelle se livre le gouvernement est affligeante. Elle laissera des traces. Rarement un pouvoir politique, se prévalant de surcroît d’un parti dit « socialiste » aura à ce point insulté et méprisé des organisations syndicales de salariés. C’est inédit. On notera au passage que le ton est beaucoup plus doux, et c’est un euphémisme, quand il s’agit de qualifier le Medef et ses outrances.

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Ma réponse à la carte postale d’Arnaud Montebourg

Ma réponse à la carte postale d’Arnaud Montebourg

Décidément Clio est bien joueuse et l’étude de l’Histoire est toujours pleine d’humour. Alors qu’il quittait le Ministère de l’économie et du redressement productif, en septembre 2014 dans les conditions que l’on connaît, Arnaud Montebourg s’était comparé à Cincinnatus, ce Général romain connu pour s’être retiré sur ses terres, afin de les cultiver, après avoir emporté de nombreuses victoires militaires. Par cette référence historique, Montebourg voulait symboliser son retrait de la vie politique et son désintéressement le plus total.

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Verdun, Black M et la mémoire de nos morts

Verdun, Black M et la mémoire de nos morts

J’ai été amené à réagir hier de bon matin sur BFM TV à la polémique entraînée par l’organisation puis l’annulation du concert du chanteur « Black M » à Verdun en marge des cérémonies officielles pour le centenaire de la terrible bataille, le 29 mai prochain. J’ai hésité. Ce ne fut pas facile de décider si je m’exprimais ou non sur un tel sujet que l’on peut juger anecdotique. Dans cette affaire, il va de soi que des points de vue divergents sont tout à fait respectables, à condition qu‘ils ne puisent pas dans une rhétorique de haine. Peut-être que mon raisonnement ne sera pas partagé par quelques-uns de mes amis politiques.  A vous de voir.

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49.3, nuances de crises

49.3, nuances de crises

Il y a un an, le 17 avril 2015, M. Wolfgang Schäuble, Ministre des finances allemand, avec la Kolossale finesse qui le caractérise toujours, déclarait devant la Brookings institution, un think tank basé à Washington aux Etats-Unis : « La France serait contente que quelqu’un force le Parlement, mais c’est difficile, c’est la démocratie ». Goguenard, il ajoutait « Si vous en parlez avec mes amis français, que ce soit (le ministre des Finances) Michel Sapin ou (de l’Economie) Emmanuel Macron, ils ont de longues histoires à raconter sur la difficulté à convaincre l’opinion publique et le Parlement de la nécessité de réformes du marché du travail ». En réaction, même Michel Sapin pris quelques distances avec le propos, regrettant officiellement le vocabulaire employé, mais précisait : « Connaissant bien Wolfgang Schäuble, c’était plutôt une forme d’encouragement ».

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Quarante-neuf trois ou la brutalité d’un pouvoir faible

« J’appelle le régime gaulliste dictature parce que, tout compte fait, c’est à cela qu’il ressemble le plus, parce que c’est vers un renforcement continu du pouvoir personnel qu’inéluctablement, il tend, parce qu’il ne dépend plus de lui de changer de cap. Je veux bien que cette dictature s’instaure en dépit de De Gaulle. Je veux bien, par complaisance, appeler ce dictateur d’un nom plus aimable : consul, podestat, roi sans couronne, sans chrême et sans ancêtres. »

François Mitterrand, le Coup d’état permanent, 1965

 La décision du Premier Ministre Manuel Valls d’utiliser le 49-3 pour imposer le projet de loi El Khomri, contre l’avis de la majorité des députés, est une nouvelle manifestation éclatante de la décomposition de la Ve République et de son caractère autoritaire. Lire la suite

La Société Générale doit retirer sa plainte et rendre des comptes

La Société Générale doit retirer sa plainte et rendre des comptes

Les révélations dites « Panama Papers » ont établi que la Société Générale fait partie des cinq banques au monde qui ont le plus ouvert de sociétés offshore dans des paradis fiscaux.

Cette pratique permet à des clients d’y déposer anonymement leur fortune afin d’échapper à la fiscalité de leur pays ou de dissimuler de l’argent sale issu de différents trafics. C’est ainsi près de 30 % du PIB mondial qui est hors de tout contrôle.

Pourtant, depuis la crise financière de 2008, les banques avaient affirmé avoir recentré leurs activités sur le financement de l’économie réelle et la fin de toutes activités opaques et risquées. Ainsi, le 17 avril 2012, M. Frédéric Oudéa, directeur général de la Société Générale, avait déclaré devant une Commission d’enquête du Sénat que « La Société Générale a fermé ses implantations dans les pays qui figuraient sur cette liste grise (c’est à dire une liste de paradis fiscaux fixée par l’OCDE), mais aussi dans ceux que désignait la liste des États non coopératifs, c’est-à-dire en pratique, pour nous, à Panama. » Il est évident qu’il n’a pas dit la vérité.

Le 7 avril dernier, au micro de France Info, Jean-Luc Mélenchon a déclaré que les dirigeants de cette banque étaient des « menteurs » et qu’ils devaient être « châtiés ». Quelques minutes auparavant, au même micro, Jérôme Kerviel et son avocat Me David Koubbi avaient déclaré sensiblement les mêmes choses.

Jugeant ces propos « calomnieux » et relevant de la « diffamation », la Société Générale a immédiatement porté plainte contre Jean-Luc Mélenchon, Jérôme Kerviel et Me David Koubbi.

Aussi, au-delà de nos différentes opinions politiques et sensibilités, nous tenons à affirmer notre pleine solidarité avec ces trois personnalités qui ont dit avec leurs mots ce que nous sommes très nombreux à penser. Nous n’acceptons pas que ceux qui réclament la vérité soient poursuivis par ceux qui participent à l’évasion fiscale et l’organisent à l’échelle internationale.

Nous exigeons que des mesures efficaces soient prises pour qu’aucune banque française ne participe plus à l’évasion fiscale et nous exigeons de la Société Générale qu’elle abandonne immédiatement sa plainte.

Christophe Aguiton (altermondialiste), Richard Amalvy (militant associatif), Isabelle Attard(députée), Clémentine Autain (c. régionale), Grégory Bacquet (comédien), Julien Bayou (c. régional EELV), Charles Berling (comédien), Eric Berr (économiste), Olivier Besancenot (NPA), Martine Billard (ex députée), Laurent Binet (écrivain), Eric Bocquet (sénateur PCF), Yannick Bosc (historien), Marie-George Buffet (députée PCF), Gilles Candar (historien), Leïla Chaibi(militante associative), Pascal Cherki (député PS), Eric Coquerel (coordinateur PG, c. régional), Sergio Coronado (député EELV),  Alexis Corbière (prof d’histoire), Thomas Coutrot(économiste), Gérald Dahan (humoriste), Bertrand Daillie (magistrat), Françoise Davisse(réalisatrice), Caroline De Haas (militante féministe), Karima Delli (députée européenne EELV), Jean-Numa Ducange (historien), Annie Ernaux (écrivain), Nilda Fernandez (artiste), Michaël Foessel (philosophe), Bruno Gaccio (humoriste),  Raquel Garrido (avocate), Florence Gauthier(historienne), Yann Galut (député PS), Jacques Généreux (économiste), Charlotte Girard(juriste), Sara Giraudeau (comédienne), Patrice Gourrier (prêtre), Jérôme Guedj (c. départemental PS), Pierre Henry (responsable d’ONG), Liem Hoang Ngoc (économiste, c. régional), Eva Joly (députée européenne EELV),  M’hamed Kaki (militant associatif), Mathieu Kassovitz (comédien, réalisateur), Francis Lalanne (artiste), Jean-Félix Lalanne (musicien), Dany Lang (économiste), Sarah Legrain (SN PG), Marie-Noëlle Lienemann (sénatrice PS), Noël Mamère (député), Roger Martelli (historien), Xavier Mathieu (comédien, ex Conti), Emmanuel Maurel (député européen PS), Pierre Marcelle (journaliste), Daniel Mermet (journaliste),  Daniel Mesguich (comédien), Eric Métayer (comédien), Gérard Mordillat (romancier), Corinne Morel-Darleux (c. régionale), Eric Naulleau (journaliste), Younous Omarjee (député européen), Francis Parny (PCF), Willy Pelletier (sociologue), Henri Pena-Ruiz (philosophe), Edwy Plenel(journaliste), Dominique Plihon (économiste), Emmanuel Poilane (Fondation D. Mitterrand),Didier Porte (humoriste), Philippe Poutou (NPA), Christine Poupin (NPA), Denis Robert(journaliste), François Ruffin (journaliste), Danielle Simonnet (coordinatrice PG, c. de Paris), Benjamin Stora (historien), Henri Sterdyniak (économiste), Jacques Testart (biologiste), Samuel Thomas (militant associatif), Catherine Tricot (architecte), Emmanuel Vire (Secrétaire national SNJ CGT)

 

Actions, réactions

Le printemps est là et la température monte. Il en est de même sur le plan social. Bonne nouvelle. La question sociale et civique est de retour ! Ceux qui croyaient que ce pays n’attend qu’une réponse politique à ses problèmes encore plus injuste socialement et encore plus sécuritaire se trompent. Le rejet massif de la loi El Khomri (quels que soient les toilettages cosmétiques sur quelques articles) démontre nettement que notre peuple dans ses profondeurs ne veut pas de plus de précarité, de facilité pour licencier, de baisse des salaires, etc.

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